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Le developpement du chiot.

23/06/2008 - Lu 69911 fois
De nombreuses recherches montrent que les conditions dans lesquelles les chiots passent leurs premiers mois de vie peuvent avoir une grande influence sur leur vie d’adulte. C’est pour cette raison que le futur propriétaire ne devrait jamais se décider sur un coup de tête, mais prendre un soin particulier à choisir un élevage qui assure un environnement optimal à son futur compagnon.
Chiot Golden 1 semaine

La période prénatale

Cette période est assez mal connue chez le chien. On sait néanmoins que les événements vécus par la mère en gestation ont une influence sur le futur développement de l’animal. Les situations de stress qu’elle subit provoquent toutes sortes de modifications hormonales qui semblent avoir des effets à long terme, aussi bien sur les réponses physiologiques de ses descendants que sur leurs réactions futures face aux nouveautés et leurs capacités d’apprentissage. À l’inverse, le bien-être ressenti par la mère devrait avoir des conséquences positives. Des recherches faites sur d’autres espèces animales montrent, par exemple, que les caresses prodiguées à la mère augmentent l’activité future de ses rejetons.


Une semaine environ avant la naissance, les gonades des fœtus mâles se mettent à secréter de la testostérone ; cette hormone sexualise l’hypothalamus et sensibilise certains systèmes organiques aux effets ultérieurs des hormones sexuelles secrétées à la puberté. Au cours de ce processus, il peut arriver qu’un fœtus femelle soit atteint par une quantité suffisante d’hormones mâles pour provoquer un certain degré de masculinisation qui se manifestera plus tard par des comportements plus typiques des mâles.
La mise bas doit se passer dans le calme et il est préférable de respecter les désirs de la chienne : si certaines d’entre elles recherchent activement la présence de leur maître, d’autres préfèrent s’isoler. Des perturbations environnementales ou l’insécurité ressentie par la future mère peuvent compromettre le bon déroulement du processus.

La période néonatale (de la naissance à environ 14 jours).
 
Chiots exploration
Les chiots sont très mal équipés à la naissance et leur système nerveux n’est pas encore totalement développé. Le cortex cérébral est pratiquement inexistant. La myélinisation (formation d’une membrane autour des fibres nerveuses ayant pour fonction de favoriser le passage de l’influx nerveux) n’est que rudimentaire. En ce qui concerne la moelle épinière, elle va se faire progressivement dans le sens céphalo-caudal ; c’est pour cette raison que les membres antérieurs seront fonctionnels avant les postérieurs. Les réponses de l’organisme sont relativement autonomes, de type réflexe. Les chiots naissent sourds et aveugles ; par contre, leur sens gustatif semble bien développé, ce qui leur permet de différencier leurs réactions : ils lèchent les substances sucrées qu’on leur présente, alors que des substances amères provoquent des mimiques faciales caractéristiques. L’olfaction est importante pour la reconnaissance entre la mère et ses chiots : ces derniers sont rapidement attirés par tout ce qui porte l’odeur maternelle. Contrairement à ce que l’on entend souvent dire, un chiot nouveau-né réagit à la douleur, mais il le fait de manière brève et diffuse.

Les chiots dépendent entièrement de leur mère et, sans ses léchages (ou des soins semblables prodigués par les humains), ils ne pourraient pas survivre, puisque ce sont les massages du ventre qui provoquent miction et défécation. Ils tètent plusieurs fois par jour. En plus de leur rôle alimentaire, les tétées permettent d’établir et de maintenir des liens étroits entre la mère et ses rejetons. Les nouveau-nés sont encore incapables de réguler leur température corporelle, mais peuvent pallier certains écarts en s’approchant ou en s’éloignant de leurs frères et sœurs. Ils dorment la plupart du temps d’un sommeil très agité, appelé sommeil paradoxal.
Certains sujets vocalisent dès leur naissance, d’autres un peu plus tard. Les pleurs ont pour but de signaler un état de mal être (perte de contact avec la mère ou la fratrie, impossibilité de trouver une tétine, souffrance). Cependant, les chiennes réagissent plus à leurs mouvements qu’à leurs cris : un chiot actif mais silencieux reçoit plus d’attentions qu’un chiot bruyant mais peu actif. Certaines mères peuvent ainsi provoquer la mort d’un de leurs rejetons sur lequel elles se sont malencontreusement couchées si le chiot se contente de crier sans essayer de se dégager. Des observations semblent montrer que la fréquence des pleurs n’est pas déterminée de manière génétique, mais apprise par imitation. 
Bien que le développement des jeunes soit encore rudimentaire, le milieu commence à exercer une certaine influence sur eux. Ils sont déjà capables de faire certaines associations simples ; ils peuvent, par exemple, être conditionnés à certaines odeurs, à divers signaux, à différentes manipulations. Certaines stimulations (lumières, sons, différences de température, manipulations, etc…) non seulement accélèrent la maturation du cerveau, mais favorisent également son développement. Bien que le contact corporel entre frères et sœurs joue certainement un rôle important, nous ne pouvons pas encore parler d’interrelations actives dans la fratrie. Toutes des observations tendent à montrer que, s’il n’est pas bon de déranger sans cesse les chiots, il est bénéfique de les caresser et de les stimuler un petit moment chaque jour et contre-indiqué de les isoler dans le coin le plus reculé de la maison.

La période de transition (entre 14 et 21 jours environ).

Cette période débute plus ou moins avec l’ouverture des paupières et se termine au moment des premières perceptions auditives. Bien que les chiots commencent à voir et que les premiers sursauts aux bruits se manifestent, leur orientation visuelle et auditive reste très aléatoire. Au cours de ce stade, les coordinations motrices s’améliorent. Même si leur démarche n’est pas encore complètement assurée, ils se déplacent de mieux en mieux et de plus en plus vite. Ils deviennent capables de ramper en marche avant et en marche  arrière et tentent de faire leurs premiers « vrais » pas.
Ils restent éveillés plus longtemps qu’au cours du stade précédent ; les phases de sommeil paradoxal diminuent pour faire place à des phases de sommeil calme. Ils ont dorénavant la capacité de régulariser leur température corporelle et n’ont plus besoin des léchages maternels pour pouvoir éliminer ; ils commencent même à quitter leur couche pour faire leurs besoins à l’extérieur (mais ce n’est pas une règle absolue).
Les premières dents de lait font leur apparition, les chiens commencent à laper et à manger un peu de nourriture solide. Chez les canidés sauvages, c’est l’époque où les adultes, au retour de la chasse, régurgitent de la nourriture pour les jeunes (cela est rarement observé chez nos canidés domestiques, puisque, les humains fournissant la nourriture, ce comportement n’a plus été soumis à la sélection naturelle).
Nous assistons aux premières relations actives dans la fratrie : premiers léchages réciproques, premiers rudiments de jeux ; il s’agit plus souvent de mordillements d’oreilles et de pattes accompagnés de petits grognements et de quelques battements timides de la queue.

Chiot à 7 semaines